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IQSS : comprendre et utiliser les indicateurs de qualité et de sécurité des soins

Les IQSS sont les indicateurs de qualité et de sécurité des soins. Découvrez ce qui les distingue d'IPAQSS, leur rôle et leur usage concret par un responsable qualité.

Par Claire Vasseur·28 juillet 2026·6 min de lecture
IQSS : comprendre et utiliser les indicateurs de qualité et de sécurité des soins
L'essentiel

IQSS signifie Indicateurs de Qualité et de Sécurité des Soins. Ils prolongent l’ancien dispositif IPAQSS en le rendant plus lisible. Recueillis sous l’égide de la HAS, ces indicateurs servent à la fois au pilotage interne, à l’information publique et à certaines incitations financières. Pour un responsable qualité, ils constituent un levier de dialogue avec les équipes et la direction.

IQSS et IPAQSS : de quoi parle-t-on ?

La première difficulté rencontrée par les professionnels de la qualité est lexicale. L’acronyme IPAQSS (Indicateurs Pour l’Amélioration de la Qualité et de la Sécurité des Soins) a longtemps désigné le dispositif de recueil piloté par la Haute Autorité de Santé. Aujourd’hui, la HAS parle simplement d’IQSS, c’est-à-dire des Indicateurs de Qualité et de Sécurité des Soins. Il ne s’agit pas d’une rupture mais d’une clarification : l’indicateur est l’objet mesuré, tandis que le programme qui le porte peut évoluer dans son périmètre.

Concrètement, les IQSS sont des outils de mesure standardisés qui évaluent, sur un thème donné, la qualité d’une prise en charge ou la sécurité d’une pratique. Ils peuvent concerner aussi bien la lutte contre les infections associées aux soins que la tenue du dossier patient ou la prise en charge de la douleur. Leur force est de produire une photographie reproductible dans le temps et comparable entre établissements, à condition de respecter les règles de recueil définies par la HAS.

Ancien acronymeRéalité actuelle
IPAQSSDispositif historique de recueil d’indicateurs, lancé dans les années 2000
IQSSTerme générique désignant les indicateurs eux-mêmes, toujours pilotés par la HAS

Pour un responsable qualité, retenir la distinction est utile : on ne parle plus de « remplir les IPAQSS » mais de « suivre ses résultats IQSS ». L’essentiel demeure la finalité d’amélioration continue.

Les objectifs concrets des indicateurs IQSS

Les IQSS ne sont pas de simples chiffres à transmettre à une tutelle. Ils poursuivent au moins trois finalités opérationnelles.

Piloter en interne. Les résultats servent de base au dialogue de gestion et à la définition des actions d’amélioration. Un taux de conformité sur la tenue du dossier patient, par exemple, permet de cibler les services où renforcer l’accompagnement.

Informer le public. La HAS diffuse certains indicateurs sur son site dédié, contribuant à la transparence et à la démocratie sanitaire. Les usagers peuvent ainsi comparer les établissements sur des critères objectifs.

S’inscrire dans une logique incitative. Certains IQSS sont intégrés dans les modèles de financement à la qualité (comme le dispositif IFAQ). Les établissements ont alors un intérêt direct à progresser puisque des ressources peuvent être modulées en fonction des résultats. Les textes encadrant ces mécanismes évoluent régulièrement, il convient de se référer aux dernières instructions officielles.

Ces trois dimensions expliquent pourquoi le responsable qualité doit considérer les IQSS bien au-delà d’une obligation réglementaire : ils sont un levier de performance globale.

Comment sont recueillis et diffusés les IQSS ?

Le recueil est organisé par la HAS en lien avec les agences régionales de santé. Il s’appuie sur des campagnes thématiques (par exemple lutte contre les infections nosocomiales, prise en charge médicamenteuse) au cours desquelles chaque établissement saisit ses données sur une plateforme dédiée. Les modalités exactes (calendrier, échantillonnage, consignes de saisie) sont précisées dans des guides méthodologiques accessibles sur le site de la HAS.

Une fois validées, les données font l’objet de restitutions confidentielles à destination des établissements, puis d’une publication grand public pour les indicateurs retenus. Cette diffusion est encadrée par des règles de lisibilité (score sur 100, code couleur) afin d’être comprise par les patients. Pour le responsable qualité, l’enjeu est double : garantir la fiabilité du recueil en interne et préparer la communication autour des résultats, notamment lorsque ceux-ci peuvent interroger les représentants des usagers.

Les professionnels qui souhaitent approfondir les aspects de sécurité pourront utilement se tourner vers l’analyse systémique des événements indésirables, avec la methode alarm, qui complète l’évaluation chiffrée par une compréhension fine des causes.

Le lien avec la certification HAS version 2025

Les IQSS ne sont pas déconnectés du processus de certification. Bien au contraire, ils en constituent l’un des piliers depuis plusieurs cycles. Le 6e cycle de certification des établissements de santé a été lancé officiellement le 1er septembre 2025. Le référentiel version 2025 conserve trois grands chapitres (l’établissement, les équipes de soins, le patient) mais réduit le nombre d’objectifs à 12 et le nombre de critères à 118, contre 132 auparavant.

Dans ce cadre resserré, la maîtrise des indicateurs qualité devient encore plus déterminante. Les experts-visiteurs s’appuient sur les résultats IQSS pour évaluer la maturité des démarches. Un établissement qui suit ses indicateurs dans la durée et démontre leur intégration au pilotage quotidien renforce naturellement son dossier de certification. Pour bien comprendre les nouvelles exigences, nous vous invitons à consulter notre analyse détaillée du manuel certification has 2025.

Intégrer les IQSS dans le pilotage quotidien

Au-delà des campagnes officielles, un responsable qualité utilise les IQSS au fil de l’eau. Quelques pratiques pragmatiques :

  • Construire un tableau de bord interne reprenant les IQSS les plus stratégiques pour l’établissement, avec un suivi trimestriel.
  • Présenter régulièrement les résultats en comité de direction et en commission médicale d’établissement, en les mettant en regard des plans d’actions.
  • Former les équipes de soins à la compréhension des indicateurs, pour éviter l’effet « boîte noire » et susciter l’adhésion.
  • Relier les écarts constatés à des analyses de processus (par exemple un taux de conformité bas sur le circuit du médicament appelle une revue du parcours patient).

Les IQSS gagnent à être croisés avec d’autres sources : résultats d’audit, retours d’expérience, indicateurs de certification. C’est en les inscrivant dans une boucle d’amélioration continue qu’ils prennent tout leur sens.

IQSS et gestion des dispositifs médicaux

Les IQSS couvrent parfois des thématiques en lien direct avec la matériovigilance et la gestion des dispositifs médicaux. La norme iso 13485, consacrée au système de management de la qualité pour les dispositifs médicaux, peut alors servir de référence pour structurer les processus concernés. Même si elle s’adresse surtout aux fabricants, ses exigences de traçabilité et de maîtrise des risques irriguent utilement les démarches internes des établissements de santé.

Un responsable qualité qui pilote des indicateurs sur la maintenance préventive ou la sécurité d’utilisation des équipements trouvera dans l’ISO 13485 des clés pour renforcer la robustesse de son organisation, en complément de la réglementation nationale.

Point de vigilance

Les IQSS décrivent des résultats à un instant donné. Une valeur isolée n’a que peu de signification. Il faut toujours l’interpréter en tendance et en contexte (évolution de l’activité, changement d’effectif, modification d’un protocole). Communiquer un chiffre sans analyse risque de produire des réactions contre-productives, voire un découragement des équipes.

Point de vigilance : la donnée n’est pas une fin en soi

Enfin, il est essentiel de garder à l’esprit que les IQSS sont un moyen, non une finalité. Leur production ne garantit pas mécaniquement une amélioration de la qualité. L’enjeu consiste à en faire un support de dialogue et d’arbitrage, au service de la sécurité des patients. Le responsable qualité doit veiller à ce que la course à l’indicateur ne supplante jamais la réalité du soin. Lorsque les résultats sont dégradés, l’attitude la plus féconde consiste à analyser collectivement les causes et à ajuster les pratiques, sans stigmatisation.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre IQSS et IPAQSS ?
IPAQSS désignait historiquement le dispositif de recueil des indicateurs. Aujourd’hui, la HAS utilise l’acronyme IQSS pour parler des Indicateurs de Qualité et de Sécurité des Soins, ce qui clarifie la finalité. Les IQSS prolongent l’ancien programme sans rupture méthodologique majeure.
Les IQSS sont-ils publics ?
Oui, une partie des IQSS est diffusée publiquement par la HAS, dans une logique de transparence vis-à-vis des usagers. Les résultats sont présentés sous forme de scores et de codes couleur, permettant une comparaison entre établissements.
Qui recueille les IQSS ?
Le recueil est coordonné par la HAS et les agences régionales de santé. Chaque établissement de santé saisit ses propres données sur une plateforme dédiée, selon des campagnes thématiques définies périodiquement.
Les IQSS influencent-ils le financement de l’établissement ?
Oui, certains IQSS peuvent être intégrés aux mécanismes d’incitation financière à la qualité, comme le dispositif IFAQ. Les modalités précises sont fixées par les textes en vigueur ; une amélioration durable des indicateurs peut moduler les ressources perçues.
Les IQSS sont-ils obligatoires pour tous les établissements de santé ?
La participation au recueil des IQSS est obligatoire dans le cadre de la certification HAS et pour bénéficier de certains dispositifs de financement. Les établissements doivent se conformer aux campagnes et aux consignes de saisie sous peine de décote ou de non-versement.
· Auteur

Claire Vasseur

Consultante HSE & formatrice

Consultante HSE et formatrice, Claire décrypte la réglementation santé-sécurité et accompagne les entreprises du réseau QS+ vers la pré-certification et l'amélioration continue.