QS+Blog
· Qualité en santé

Label RFAR : relations fournisseurs et achats responsables, un levier pour le secteur santé

Délivré par le Médiateur des entreprises, le label RFAR atteste de pratiques d’achats responsables. Dans le secteur santé, il contribue à la sécurisation des approvisionnements et à la gestion des risques.

Par Jean-Marc Schneider·7 août 2026·6 min de lecture
Label RFAR : relations fournisseurs et achats responsables, un levier pour le secteur santé
L'essentiel

Le label Relations Fournisseurs et Achats Responsables (RFAR) distingue les organisations qui intègrent des pratiques durables et équitables dans leur gestion des achats et leurs relations avec les fournisseurs. Placé sous l’égide du Médiateur des entreprises et du Conseil national des achats, il constitue une référence pour les établissements de santé désireux de concilier performance économique, qualité des soins et responsabilité sociétale.

Qu’est-ce que le label RFAR ?

Le label Relations Fournisseurs et Achats Responsables (RFAR) s’inscrit dans une volonté de promouvoir des relations commerciales fondées sur l’équilibre, la transparence et la durabilité. Il vise à reconnaître les structures, publiques ou privées, qui intègrent des critères de responsabilité sociale, environnementale et économique dans leurs pratiques d’achat et dans le suivi de leurs fournisseurs.

Contrairement à une certification de conformité à une norme, le RFAR est un label qui atteste d’une démarche globale d’amélioration continue. Il évalue la capacité d’une organisation à nouer des partenariats de qualité, à respecter des délais de paiement raisonnables, à réduire l’empreinte écologique de sa chaîne d’approvisionnement et à prendre en compte les enjeux sociétaux tout au long du processus achat. Dans le secteur de la santé, ces dimensions deviennent particulièrement sensibles car elles conditionnent la sécurité d’approvisionnement, la qualité des dispositifs médicaux et la prévention des risques.

Les acteurs de la labellisation

Le label RFAR est délivré sous l’égide du Médiateur des entreprises et du Conseil national des achats. Cette double tutelle garantit une approche indépendante et ancrée dans les réalités économiques des organisations. Le Médiateur des entreprises, service rattaché au ministère de l’Économie, a pour mission de favoriser des relations inter‑entreprises équilibrées. Le Conseil national des achats, quant à lui, rassemble les professionnels de la fonction achats autour de bonnes pratiques partagées.

Ces deux instances définissent conjointement le référentiel d’évaluation. Elles s’appuient sur des comités de labellisation qui examinent les dossiers de candidature et décident de l’attribution du label. Leur légitimité est assise sur une connaissance fine des enjeux achats, y compris ceux spécifiques aux établissements de santé, où la robustesse de la chaîne logistique conditionne directement la continuité et la qualité des soins.

L’esprit des achats responsables

L’achat responsable ne se limite pas à un prix d’acquisition bas. Il englobe l’ensemble du cycle de vie du produit ou de la prestation, depuis la conception jusqu’à la fin d’usage, en passant par les conditions de fabrication, le transport et la relation avec les fournisseurs. Une politique d’achats responsables cherche à équilibrer performance économique, respect de l’environnement, progrès social et prévention des risques.

Pour les établissements sanitaires et médico‑sociaux, cette approche trouve une résonance particulière. La qualité des intrants, qu’il s’agisse de médicaments, de dispositifs médicaux stériles ou de consommables de laboratoire, influence directement la sécurité des patients. Des relations fournisseurs solides permettent de mieux anticiper les pénuries et d’assurer la traçabilité des produits. À titre d’illustration, une gestion responsable de la chaîne d’approvisionnement participe à la sécurisation du circuit du médicament, depuis la réception des matières premières jusqu’à la dispensation au patient.

La labellisation RFAR encourage les organisations à formaliser une charte achats responsables, à évaluer leurs fournisseurs sur des critères extra‑financiers et à déployer des plans de progrès partagés. Elle valorise aussi l’innovation ouverte, la médiation en cas de différend et la prise en compte des PME comme des partenaires stratégiques.

RFAR dans le secteur de la santé

Si l’essentiel des lauréats du label RFAR sont historiquement issus de l’industrie ou de la grande distribution, le secteur de la santé manifeste un intérêt croissant pour la démarche. Les établissements de santé, qu’ils soient publics ou privés, sont exposés à des risques spécifiques : tension sur les approvisionnements, exigences réglementaires strictes en matière de qualité et de sécurité sanitaire, attentes sociétales fortes sur la transparence et l’éthique.

En s’engageant dans une labellisation RFAR, une structure de santé envoie un signal fort à ses parties prenantes (patients, tutelles, assureurs, fournisseurs). Elle démontre qu’elle maîtrise sa fonction achats au‑delà du simple coût unitaire, qu’elle sélectionne ses fournisseurs sur des critères objectifs et qu’elle contribue à un écosystème économique plus responsable. Dans le cadre de la gestion des situations sanitaires exceptionnelles, une politique d’achats responsables peut également s’intégrer à la préparation d’un plan blanc, en sécurisant les stocks stratégiques et la redondance des sources d’approvisionnement.

Par ailleurs, la fiabilité des produits et services achetés influe directement sur la survenue d’événements indésirables graves. Une démarche RFAR, en exigeant des fournisseurs une qualité documentée et une capacité à réagir rapidement, participe à la réduction des never events. La labellisation devient ainsi un outil de management des risques à part entière, en cohérence avec les démarches de certification HAS et les exigences de la gestion des risques associés aux soins.

Démarche d’obtention du label

L’obtention du label RFAR repose sur un processus structuré, encadré par le Médiateur des entreprises et le Conseil national des achats. L’organisation candidate doit constituer un dossier de candidature décrivant sa politique achat, ses procédures de sélection et d’évaluation des fournisseurs, ses engagements en matière de développement durable ainsi que les résultats obtenus.

Le dossier est ensuite examiné par un comité de labellisation qui peut s’appuyer sur des audits ou des visites sur site. Les critères d’évaluation couvrent plusieurs dimensions : pilotage de la fonction achats, conditions de la relation fournisseurs, respect des délais de paiement, intégration de clauses sociales et environnementales, mesure de l’impact économique local.

Les modalités précises de candidature – calendrier, format du dossier, durée de validité du label – sont définies dans le référentiel officiel publié par les instances de labellisation. En raison de l’évolution régulière de ces critères, il est impératif de consulter le site du Médiateur des entreprises pour obtenir la version à jour avant de s’engager. La démarche, volontaire, s’adresse aussi bien à des grandes centrales d’achats hospitalières qu’à des établissements de taille plus modeste souhaitant structurer leur politique achats responsables.

RFAR et autres référentiels

Le paysage des achats responsables n’est pas cantonné au seul label RFAR. D’autres référentiels, comme la norme ISO 20400 ou les grilles d’évaluation RSE des donneurs d’ordre, coexistent. Le tableau ci‑dessous synthétise les principales différences entre le label RFAR et la norme ISO 20400.

CritèreLabel RFARISO 20400
NatureLabel attribué après évaluationNorme internationale (lignes directrices)
Instance responsableMédiateur des entreprises, Conseil national des achatsISO (comité technique)
Objet centralQualité de la relation fournisseurs et performance RSE des achatsIntégration de la responsabilité sociétale dans les processus achats
Possibilité de certificationNon ; reconnaissance par un comitéNon ; norme de recommandations, pas de certification tierce partie
Durée de validitéDéfinie par l’organisme délivrant (se référer aux textes officiels)Sans objet

Il est essentiel de ne pas confondre ces dispositifs. Le label RFAR sanctionne une pratique réelle, évaluée par des pairs, alors que la norme ISO 20400 fournit un cadre de référence que l’organisation peut décider d’appliquer sans évaluation externe. Une structure de santé souhaitant crédibiliser sa stratégie d’achats responsables peut tout à fait s’inspirer des deux : utiliser la norme comme guide et viser la labellisation pour faire reconnaître ses progrès.

Points de vigilance

Point de vigilance

Le label RFAR ne constitue pas une certification au sens des normes ISO. Il s’agit d’une reconnaissance des bonnes pratiques évaluées par les instances compétentes. Les critères détaillés, la composition des comités, les modalités d’audit et la durée de validité du label sont fixés par le référentiel officiel, régulièrement mis à jour. Toute organisation désireuse de s’engager dans la démarche doit se référer exclusivement aux documents publiés par le Médiateur des entreprises et le Conseil national des achats. Ces sources permettent d’obtenir le dossier de candidature à jour et d’éviter de s’appuyer sur des informations périmées.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que le label RFAR ?
Le label Relations Fournisseurs et Achats Responsables (RFAR) distingue les organisations qui intègrent des critères de durabilité, d’équité et de transparence dans leurs processus achat et leurs relations avec les fournisseurs. Il valide une démarche d’amélioration continue en matière sociale, environnementale et économique, sans être une certification normative.
Qui délivre le label RFAR ?
Le label est délivré sous l’égide du Médiateur des entreprises et du Conseil national des achats. Ces deux instances supervisent le référentiel, reçoivent les candidatures et s’appuient sur des comités de labellisation pour évaluer les dossiers et attribuer la reconnaissance.
Combien de temps dure le label RFAR ?
La durée de validité du label est définie par l’organisme délivrant, selon des modalités précisées dans le référentiel en vigueur. Pour connaître la période exacte et les conditions de renouvellement, il convient de se référer aux documents officiels du Médiateur des entreprises et du Conseil national des achats.
Quelle différence entre RFAR et ISO 20400 ?
L’ISO 20400 est une norme internationale fournissant des lignes directrices pour intégrer la responsabilité sociétale dans les achats, sans possibilité de certification. Le label RFAR est une reconnaissance attribuée par un comité après évaluation des pratiques réelles de l’organisation, focalisée sur la qualité de la relation fournisseurs et la performance achats responsables.
Pourquoi le secteur de la santé s’intéresse-t-il au label RFAR ?
Les établissements de santé gèrent des achats critiques (médicaments, dispositifs stériles) où la fiabilité et la traçabilité sont vitales. Une politique d’achats responsables, reconnue par le label RFAR, sécurise les approvisionnements, réduit les risques de ruptures et s’aligne avec les exigences de qualité des soins et de gestion des risques.
· Auteur

Jean-Marc Schneider

Responsable prévention, Plateforme QS+

Responsable prévention au sein de la Plateforme QS+, Jean-Marc accompagne depuis quinze ans donneurs d'ordres et entreprises prestataires dans la maîtrise des risques professionnels en coactivité.